12/02/2016

Sous le palmier dattier

Décrit par la plume de quelques géants de la physique, l'univers serait multiple, ou "multivers". Si difficile à se représenter, l'infini trouve du sens dans le fait qu'existent, innombrables et nichées dans d'autres dimensions, des répliques de nos vies et de la réalité que nous vivons. Bulles dans un océan de mousse, certaines copies de notre monde lui seraient fidèles au détail près. D'autres seraient légèrement ou bien complètement différentes. Alors j'ai de l'espoir.
Peut-être ailleurs, ne nous as-tu pas quittés. Sur le gazon de puravida tu triches encore au backgammon face à José Alfonso à bout de nerfs. Tu commandes un autre mojito pour Séverine et Vincent et prolonges une partie de cartes sous le palmier dattier. On y habite dans un modeste cube de chaux, près du phare de Trafalgar. J'y j'écoute le bruit de la mer contre ton épaule. On y déguste encore ta paella de chef par tablées de dix ou quinze, on y pleure de rire sous l'effet d'une tarte aux citrons du jardin. Peut-être les nouvelles du monde y sont-elles meilleures. Peut-être, d'autres que toi en sont partis. Peut-être pas. Peut-être ce soir, avant de tomber dans les bras de Morphée, tu m'y souhaiteras une bonne nuit. Peut-être les secours y sont arrivés à temps, un dimanche 12 février. Peut-être y suis-je, à perdre mon temps sur Internet. Peut-être, n'y ai-je jamais écrit ces mots.
Je t'aime.


Debajo de la palmera datilera

Descrito por la pluma de algunos gigantes de la física, el universo sería múltiple, o "multiverso". Tan difícil de aprehender, el infinito cobra sentido con la existencia de réplicas de nuestras vidas y de la realidad que vivimos, innumerables, anidadas en otras dimensiones. Burbujas en un océano de espuma, algunas copias de nuestro mundo serían similares hasta el mínimo detalle. Otras resultarían ligeramente o totalmente distintas. Por lo tanto tengo fe.
Quizás en otro lugar, estás con nosotros. En el césped de puravida sigues haciendo trampas al backgammon frente a José Alfonso perdiendo los nervios. Pides otro mojito para Séverine y Vincent, alargando una partida de cartas debajo de la palmera datilera. Allí vivimos en un modesto cubo encalado, cerca del faro de Trafalgar. Allí escucho el ruido del mar contra tu hombro. Seguimos comiendo tu arroz de chef, con diez o quince personas sentadas, llorando de risa bajo el efecto de una tarta de limones del jardín. Quizás allí las noticias del mundo son mejores. Quizás de allí, otros se fueron. Quizás nada de eso. Quizás esta noche, antes de caer en los brazos de Morfeo, me desearás buenas noches. Quizás allí el equipo de socorro llegó a tiempo, un domingo 12 de febrero. Quizás allí estoy perdiendo el tiempo en Internet. Quizás allí, nunca escribí esas palabras.
Te quiero.